Splunk reste un pilier de nombreux SOC. Encore faut-il passer du tableau de bord réactif à un hunting structuré. Le SPL n’est pas qu’un langage de requête : c’est un moyen de formuler des hypothèses sur le comportement adverse.
Partir d’une hypothèse, pas d’une curiosité
Un bon hunt commence ainsi :
« Si un attaquant obtient un compte privilégié, quelles traces doit-il laisser dans nos sources ? »
Puis vous déclinez cette hypothèse en signaux observables : logons anormaux, exécutions inhabituelles, accès à des parts sensibles, créations de tâches planifiées, etc.
Sans hypothèse, le hunting devient du scroll aléatoire dans les logs.
Normaliser avant d’aller loin
Avant d’écrire des SPL complexes :
- alignez les sourcetypes et CIM lorsque c’est pertinent
- vérifiez la couverture réelle (endpoints, IdP, firewall, EDR)
- documentez les champs utiles (
user,dest,src,process,parent_process, etc.)
Une recherche brillante sur des données mal normalisées produit surtout de la frustration.
Patterns SPL utiles en hunting
Quelques approches qui reviennent souvent :
- Baseline puis écart : établir le comportement normal d’un compte / host, puis chercher les outliers
- Chaînes process : corréler parent/enfant pour détecter des exécutions inhabituelles
- Fenêtres temporelles : comparer activité métier vs activité nocturne / week-end
- Pivot multi-sources : partir d’un host suspect puis élargir aux authentifications et flux réseau
Exemple de logique (à adapter à votre modèle de données) :
index=edr earliest=-7d
| stats count BY host process parent_process user
| where count < 3
| sort + count
L’intérêt n’est pas la requête elle-même, mais la capacité à isoler le rare et le non conforme.
Industrialiser ce qui marche
Chaque hunt concluant doit produire un livrable :
- description de l’hypothèse
- requête SPL versionnée
- faux positifs connus et filtres
- décision : règle de détection, dashboard, ou hunt périodique
C’est ainsi que le hunting enrichit réellement la détection, au lieu de rester un exercice ponctuel.
Pièges à éviter
- Requêtes trop larges qui saturent le cluster
- Absence de time bounding clair
- Confusion entre « événement intéressant » et « incident confirmé »
- Aucune boucle de feedback avec l’IR après investigation
Conclusion
Le threat hunting Splunk efficace est méthodique : hypothèse, couverture data, SPL ciblé, validation, industrialisation. Les organisations qui progressent le plus sont celles qui traitent leurs recherches comme des actifs de détection, pas comme des scripts jetables.
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